Recrutement

Tests en ligne en banque d'affaires : comment réussir les tests numériques, SHL et les tests ludiques

8 min de lecture

Vous avez soigné votre CV, peaufiné votre lettre de motivation et cliqué sur « Envoyer ». Quelques heures plus tard, un e-mail arrive : « Merci pour votre candidature. Veuillez compléter les tests en ligne ci-dessous sous 5 jours. »

Beaucoup de candidats sous-estiment cette étape. C'est une erreur : dans de nombreuses banques, ces tests filtrent les candidatures avant même qu'un recruteur ne lise votre dossier. Un excellent profil peut être écarté à cause d'un test bâclé un dimanche soir.

Dans cet article, vous allez voir les trois grandes familles de tests que vous risquez de rencontrer, ce qu'elles évaluent réellement et comment vous y préparer concrètement.

Pourquoi les banques utilisent des tests en ligne

Une banque d'affaires reçoit souvent beaucoup plus de candidatures qu'elle n'a de places en stage ou en analyste. Les tests en ligne lui permettent de trier rapidement, de manière standardisée et à moindre coût.

Ce qu'il faut comprendre :

  • Le test n'est pas là pour vous faire briller, il est là pour vérifier que vous passez un seuil.
  • Les résultats sont souvent comparés à un groupe de référence (d'autres candidats ou des personnes déjà en poste), et non notés dans l'absolu.
  • Chaque banque fixe ses propres critères. Le même score peut suffire chez l'une et pas chez l'autre.

Autrement dit, votre objectif est simple : ne pas être éliminé à cette étape pour une raison évitable.

Les trois familles de tests à connaître

1. Les tests numériques (raisonnement numérique)

C'est le grand classique. On vous présente des tableaux, des graphiques ou de courts textes chiffrés, puis une série de questions à choix multiples.

Les calculs demandés ne sont pas compliqués en soi : pourcentages, ratios, variations, conversions de devises, moyennes. La difficulté vient d'ailleurs :

  • La pression du temps, souvent très forte : vous aurez rarement plus d'une à deux minutes par question.
  • La masse d'informations : une partie des données présentées ne sert à rien pour répondre.
  • Les pièges d'unités : milliers ou millions, euros ou dollars, données trimestrielles ou annuelles.

2. Les tests SHL

SHL n'est pas un type de test, c'est un éditeur. C'est l'un des fournisseurs de tests psychométriques les plus utilisés dans le recrutement, y compris en finance. Quand un recruteur ou un forum parle de « SHL », il fait généralement référence à une batterie de tests qui peut comprendre :

  • Raisonnement numérique : le format décrit ci-dessus.
  • Raisonnement verbal : on vous donne un court texte, puis une affirmation, et vous devez répondre « Vrai », « Faux » ou « Impossible à dire ».
  • Raisonnement inductif (ou logique) : des séries de figures dont vous devez trouver la suivante ou l'intrus.
  • Questionnaires de personnalité ou de jugement situationnel : des mises en situation professionnelles où vous classez des réponses possibles.

Retenez ceci : chaque banque choisit les modules qu'elle utilise. Vous ne passerez pas forcément les quatre. L'e-mail d'invitation précise en général le type de tests et leur durée. Lisez-le attentivement.

3. Les tests ludiques (gamifiés)

C'est la famille la plus récente et celle qui déroute le plus. Au lieu de questions, on vous propose une série de mini-jeux sur ordinateur ou smartphone. Les éditeurs les plus connus sont notamment Pymetrics (aujourd'hui intégré à Harver), Arctic Shores ou Cappfinity.

Les jeux ressemblent par exemple à ceci :

  • Gonfler un ballon pour gagner de l'argent virtuel, sachant qu'il peut éclater à tout moment.
  • Mémoriser des séquences de chiffres ou de formes de plus en plus longues.
  • Réagir rapidement à des signaux visuels ou appuyer sur une touche le plus vite possible.
  • Partager une somme d'argent avec un autre joueur fictif.

Ces jeux ne mesurent pas vraiment vos compétences en finance. Ils cherchent à cerner des traits comportementaux : rapport au risque, attention, mémoire, persévérance, réaction face à l'échec. Votre profil est ensuite comparé à celui de personnes qui réussissent dans le poste visé.

Comment réussir les tests numériques

C'est là que la préparation paie le plus, car ces tests s'apprennent.

Maîtrisez les calculs qui reviennent tout le temps

Voici les opérations que vous devez pouvoir faire sans réfléchir.

Une variation en pourcentage

Le chiffre d'affaires d'une entreprise passe de 240 M€ à 276 M€.

  • Variation : 276 − 240 = 36 M€
  • Croissance : 36 / 240 = 15 %

Erreur classique : diviser par la valeur d'arrivée (36 / 276 ≈ 13 %). Divisez toujours par la valeur de départ.

Une marge

Avec un chiffre d'affaires de 276 M€ et un EBITDA de 69 M€ :

  • Marge d'EBITDA : 69 / 276 = 25 %

Une conversion de devises

Une filiale américaine réalise 120 M$ de chiffre d'affaires. Le taux est de 1 € = 1,08 $.

  • En euros : 120 / 1,08 ≈ 111,1 M€

Le piège : multiplier au lieu de diviser. Avant de valider, posez-vous la question de bon sens : un euro vaut plus qu'un dollar ici, donc le montant en euros doit être plus petit.

Des variations successives

Un indicateur augmente de 20 %, puis baisse de 20 %. Est-il revenu à son niveau initial ?

  • 100 × 1,20 = 120
  • 120 × 0,80 = 96

Non : il a baissé de 4 %. Les pourcentages successifs se multiplient, ils ne s'additionnent pas.

Lisez la question avant les données

Ne commencez pas par analyser tout le tableau. Lisez d'abord la question, repérez les deux ou trois données utiles, puis allez les chercher. Vous gagnerez un temps précieux.

Utilisez les réponses proposées

C'est un QCM : servez-vous-en. Si les réponses proposées sont 12 %, 15 %, 18 % et 21 %, un calcul approximatif suffit souvent à trancher. Arrondissez quand les écarts entre les réponses le permettent.

Gérez votre temps comme un banquier gère un deadline

  • Ne restez pas bloqué sur une question. Si vous séchez après une minute, choisissez la réponse la plus plausible et passez à la suivante.
  • Vérifiez s'il y a une pénalité pour les mauvaises réponses. En l'absence de pénalité, ne laissez jamais une question vide.
  • Gardez la calculatrice à portée de main si elle est autorisée (c'est souvent le cas pour les tests numériques, mais vérifiez les consignes). Une calculatrice physique est souvent plus rapide que celle de votre ordinateur.

Comment aborder les tests verbaux et logiques SHL

Le raisonnement verbal : la règle d'or

La difficulté de ce test tient en une phrase : répondez uniquement à partir du texte, jamais à partir de vos connaissances.

Si le texte ne dit pas explicitement qu'une affirmation est vraie ou fausse, la réponse est « Impossible à dire », même si vous savez que l'affirmation est exacte dans la vraie vie. C'est précisément ce qui piège les bons élèves.

Attention aussi aux mots absolus : « toujours », « tous », « uniquement ». Une affirmation avec « tous » est fausse si le texte évoque une seule exception.

Le raisonnement inductif : cherchez une règle à la fois

Face à une série de figures, isolez les éléments un par un :

  • la position des formes,
  • leur nombre,
  • leur couleur ou leur remplissage,
  • leur rotation.

Le plus souvent, deux ou trois règles se combinent. En les testant séparément, vous les trouverez beaucoup plus vite qu'en regardant l'ensemble.

Comment aborder les tests ludiques

C'est le paradoxe de ces tests : vous ne pouvez pas vraiment les « bachoter », et essayer de jouer un personnage est souvent contre-productif.

Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas toujours de « bonne » réponse unique. Être très prudent au jeu du ballon n'est ni bon ni mauvais en soi. C'est la cohérence de votre profil global qui est analysée. Si vous essayez de deviner ce que la banque attend, vous risquez de produire un profil incohérent.

Ce que vous pouvez faire en revanche :

  • Découvrez le format à l'avance. Regardez des descriptions ou des démonstrations des jeux pour ne pas être surpris le jour J. La surprise fait perdre des points sur les jeux de réaction et de mémoire.
  • Soyez dans de bonnes conditions : reposé, concentré, sans notifications. Les jeux d'attention et de mémoire, eux, récompensent clairement la vigilance.
  • Lisez les consignes de chaque jeu, même si elles paraissent évidentes. Certains jeux changent de règle en cours de route.
  • Restez naturel sur les jeux de risque et de comportement.

Votre plan de préparation en pratique

Voici une méthode simple, à adapter à votre calendrier de candidatures.

Deux à trois semaines avant vos premières candidatures

  • Faites un premier test numérique d'entraînement en conditions réelles, chronométré, pour mesurer votre niveau de départ.
  • Repérez vos faiblesses : vitesse, pourcentages, lecture de graphiques ?

Ensuite, quelques séances par semaine

  • Entraînez-vous sur des tests numériques et verbaux, toujours chronométrés.
  • Après chaque test, analysez vos erreurs : erreur de calcul, de lecture ou de gestion du temps ? C'est cette analyse qui vous fait progresser, pas l'accumulation de tests.
  • Révisez le calcul mental de base : pourcentages courants, fractions simples (1/8 = 12,5 %, 1/3 ≈ 33,3 %, etc.).

La veille et le jour du test

  • Passez le test au moment où vous êtes le plus concentré, pas à 23 h après une journée de cours.
  • Vérifiez votre connexion, fermez les autres onglets, coupez votre téléphone.
  • Préparez calculatrice, brouillon et stylo.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

  • Attendre la dernière minute avant la date limite. Un bug technique et votre candidature est perdue.
  • Faire passer le test par quelqu'un d'autre. Au-delà du problème éthique, certaines banques font repasser une version courte du test plus tard dans le processus, par exemple lors d'un assessment center. Un écart important entre les deux résultats se remarque.
  • Commencer par la banque qui vous fait le plus rêver. Si vous en avez la possibilité, faites d'abord les tests des banques où l'enjeu est moindre : vous arriverez plus aguerri sur celles qui comptent le plus.
  • Négliger le questionnaire de personnalité en répondant au hasard. Il est parfois utilisé pour orienter les questions de l'entretien.

En résumé

Les tests en ligne ne sont pas l'étape la plus prestigieuse du recrutement, mais c'est souvent la première porte à franchir. La bonne nouvelle, c'est que les tests numériques et verbaux se travaillent : quelques semaines d'entraînement régulier et une vraie analyse de vos erreurs suffisent généralement à faire une différence nette.

Pour les tests ludiques, la stratégie est différente : familiarisez-vous avec le format, soyez en pleine forme, puis restez vous-même.

Traitez chaque test comme un premier entretien. Après tout, c'en est un.

Entraînement

Maintenant, dites-le à voix haute.

Travaillez de vraies questions d’entretien avec leurs réponses modèles, faites corriger chaque réponse et passez des entretiens blancs face à un banquier.

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